Marketing de Survie I


(Première édition : Octobre 1995)

Dans l'article "Marketing des capteurs de pression", paru dans la brochure KELLER '93, on pouvait lire :

"Marketing est synonyme de survie, de garantie de survie. La mission la plus importante d'une entreprise saine est, de nos jours, de garantir l'espace vital. Si la base même de notre vie disparaît, les entreprises disparaîtront avec elle."

Les auteurs du livre "In Search of Excellence" (A la recherche de la perfection) ont fait une enquête auprès de certaines entreprises florissantes pour connaître leurs stratégies mercatiques.

Le présent article vise au même but. Avec la seule différence que nous ne nous intéresserons pas aux structures éphémères des entreprises dominant la scène d'aujourd'hui. Nous nous intéresserons plutôt à nous-mêmes. Nous sommes le produit de plus de 50 000 générations. Notre culture est l'une des plus "prospères". Pourquoi sommes-nous là avec cette culture, et non pas les descendants des Moabites avec leur culture et leur religion, ou l'un des autres peuples anéantis par la main de Dieu ?

Que ce soit clair. Cet article ne vise pas à mettre en question l'existence d'un Dieu ou la vérité absolue d'une religion. L'idée de départ est purement pragmatique, l'argumentation étant basée sur la théorie des quantités: si 1.000 quantités (religions) prétendent détenir la vérité absolue, au moins 999 religions ne la détiennent pas. Chaque religion a néanmoins le droit de prétendre être une religion vraie.

Ces arguments concernent les cultures et religions qui ont marqué les populations en Europe centrale. Si l'auteur des ces lignes était né dans un monde de culture et de religion différentes, son analyse aboutirait à un résultat semblable.




L'Origine de L'Homme

"L'homme a tout exploré, sauf lui-même", Tel est le point de départ du "Der Anfang war das Ende" (Le commencement était la fin) de Oscar Kiss Maerth (Editions Econ), sous-titré : "L'homme tire son origine du cannibalisme. L'intelligence est mangeable".

De toutes les théories sur le développement de l'espèce humaine, qui excluent l'influence d'une force surnaturelle, celle de Kiss est, à ma connaissance, la plus plausible. Selon Kiss, le premier "homme" était le résultat d'un croisement entre un singe africain et un singe asiatique qui portait en lui une rare capacité de mutation: celle de pouvoir se reproduire à l'intérieur même des espèces de singes. Il était encore un singe vivant en hordes soumises à la loi des troupeaux avec une hiérarchie bien établie. L'animal conducteur devait en permanence s'affirmer. Un combat se terminait soit par la mort, soit par l'exclusion du perdant. Exclus de leur tribu, les mâles s'introduisaient dans d'autres hordes pour y reprendre le combat.

Affamé par le combat, le vainqueur se délectait du corps de son rival, en commençant par les parties molles encore chaudes. Il lui arrachait les yeux, avant d'aspirer la masse cérébrale du crâne. La consommation d'un cerveau frais produisait deux effets, toujours valables aujourd'hui: elle augmente la libido et la puissance sexuelle et développe le cerveau, donc l'intelligence.

Conclusion cruelle d'un livre très fouillé: L'homme est le produit d'une impulsion pathologique, d'une drogue qui a potentialisé son cerveau. Le cerveau de l'homme est malade. Les dispositions du cerveau humain existaient déjà chez le singe. L'impulsion sexuelle pathologique a été le moteur de la transformation en homme.

Selon Kiss, la faculté de parler, que seul l'homme possède, n'est pas le résultat d'une intelligence supérieure mais une compensation, à peine suffisante, de la capacité de communiquer par transmission de pensée que l'homme a perdue.

Les thèses de Kiss expliquent de manière plausible le comportement sexuel de l'espèce humaine, unique dans la nature.

De toutes les races, l'homme est le seul à ne pas s'accoupler par derrière. Selon Kiss, cela s'explique par le fait que la position couchée sur le dos empêchait les femmes d'échapper aux intrus. Une autre interprétation est celle de la redéfinition de la hiérarchie des femelles lorsque la domination sur la horde se trouvait modifiée. Les femelles faisaient valoir leurs attraits afin de monter dans la hiérarchie.

Les thèses de Kiss expliquent les cris de volupté de la femelle pendant l'acte sexuel. Par ces cris, elle veut attirer un mâle qui occupe un rang supérieur dans la hiérarchie. De même, elles expliquent la différence de comportement des humains après l'acte sexuel. La femelle veut retenir le mâle pour ne pas passer à un mâle de rang inférieur dans la hiérarchie. Mais celui-ci, harcelé par les mâles de rang inférieur, veut partir, car pour la garder, il doit réagir et la défendre.

Les thèses de Kiss expliquent les besoins pornographiques de l'homme. Les hommes de rang inférieur s'excitaient à l'idée que le mâle de rang supérieur fasse valoir ses droits avant eux. Elles expliquent le tourisme sexuel: l'intrusion dans des hordes lointaines afin de s'accoupler avec leurs femmes. Elles expliquent le tourisme en général: la conquête et la destruction de cultures étrangères, qui s'opère aujourd'hui avec des dollars et des marks. Elles expliquent l'achat des plus belles femmes issues des pays pauvres. Elles expliquent l'anéantissement insensé d'espèces animales entières pour les soi-disantes vertus aphrodisiaques de leurs nageoires ou de leurs cornes. Elles expliquent aussi le désir des hommes d'avoir du succès auprès des femmes. La célébrité et l'argent sont les succédanés qui favorisent le succès. Elles expliquent enfin la question que l'on pose à un chef d'entreprise avant tout: "Exportez-vous ?" ("Etes-vous capable de conquérir des marchés (tribus) étrangers ?")


Des Hordes au Peuple en passant par les Tribus

Au sein des hordes régnait la loi du plus fort, avec une hiérarchie clairement définie des membres de la horde.

Le premier objectif était celui de survivre, de se protéger contre l'invasion d'autres hordes. Des groupes d'hommes se détachèrent des hordes les plus fortes et les plus fécondes pour s'introduire dans des hordes étrangères. Ils y tuèrent les hommes et créèrent de nouvelles hordes avec les femmes. A un moment, il se trouva que les hordes envahies étaient des tribus du même sang. Il y eut fratricide.
Le fratricide est le commencement de la genèse qui, selon Kiss, date d'il y a 50 000 ans et est l'oeuvre de demi-dieux mésopotamiens. Le fratricide est enregistré et condamné par une puissance omniprésente. Alors les hordes du même sang s'unirent en tribus.



Religion et Culture en tant que Concept de Marketing de Survie

Le fratricide étant exclu, tous les moyens furent bons aux pères ancestraux pour assurer la survie. Quand, en Egypte, Abraham fait passer sa jolie femme, Sarah, pour sa soeur et la donne en mariage au Pharaon, c'est uniquement pour survivre.

Jacob, le père ancestral des 12 tribus, petit-fils d'Abraham, trompe son frère Esaü et lui achète son droit d'aînesse.

Juda, le fils de Jacob, a trois fils. L'aîné, Her, épouse Thamar et meurt. Le second, Onan, souille la terre de sa semence (onanisme). Dieu le punit de mort. Séla, le troisième, connaît le même sort.

Thamar est désormais discréditée et avec elle, une tribu entière de Jacob est privée de postérité. Thamar se déguise en prostituée, s'offre sans qu'il la reconnaisse à son beau-père et assure ainsi à la tribu des Judéens, dont d'ailleurs Jésus est issu, la postérité. Tout cela est consigné dans le livre de Moïse.

Moïse guide une foule farouche à travers le désert; chacun a sa propre divinité, tous se prostituent ou s'adonnent au vol. Au moment où plus aucun contrôle de la foule n'est possible, Moïse se retire pendant 30 jours dans la montagne et revient avec les 10 commandements: "Vous n'adorerez qu'un seul Dieu; ce Dieu m'a confié les commandements. Vous ne porterez point de faux témoignages contre votre prochain. Vous ne déroberez point et vous ne convoiterez point la femme de votre prochain". (Il s'agissait là de causes de discorde au sein du peuple itinérant). Et Moïse de séparer les hommes en bons et mauvais sujets. Est bon, qui respecte les lois et contient ses penchants naturels ; est mauvais, qui viole les lois. Le bon sujet est récompensé par Dieu, le mauvais sujet, quant à lui, est voué à l'opprobre divin pour des générations et des générations.

Le décalogue est augmenté d'une longue liste de lois, et, désormais, le cerveau du fidèle est rempli de ces lois. Dès son plus jeune âge, il fera l'expérience que l'apprentissage et le respect des lois entraînent des récompenses et assurent un besoin originel, celui de l'appartenance à une tribu.

La punition suprême est le péché contre l'esprit, c'est-à-dire la remise en cause de l'autorité des chefs de droit divin. Tout est permis avec la bénédiction de Dieu. Dans la Bible, des cultures et des peuples sont anéantis par douzaines par l'épée de Dieu. Quand une tribu du peuple élu n'avait pas de terre, on choisissait alors un peuple étranger que l'on pouvait attaquer sans problème. Livre des Juges 18/22: "Et ils attaquèrent un peuple calme et paisible et le frappèrent du tranchant de leurs épées; ils brûlèrent la ville. Et il n'y eut personne pour les sauver. Ils reconstruisirent ensuite la ville et y élurent domicile".

Quand les Judéens arrivaient dans une région déjà habitée, leur Dieu leur commandait alors de devenir maîtres au plus vite de ce pays et d'en chasser le peuple qui y habitait. Dans le Livre des Juges 1/27, il est dit: "Les fils d'Israël arrivèrent en petit nombre chez les Cananéens et vécurent parmi eux. Lorsque Israël fut devenu assez fort, il obligea les Cananéens à lui payer tribut, mais ne les chassa point". C'est ainsi que plusieurs tribus vécurent paisiblement ensemble, jusqu'au jour où l'ange de Dieu apparut: "Vous ne ferez pas alliance avec les habitants de ce pays, vous renverserez leurs autels. Mais vous n'avez pas obéi à ma voix".

Apparemment, les autres peuples suivant chacun sa religion n'étaient pas aussi xénophobes, ce qui leur fut reproché plus tard comme une grande bêtise. Les Judéens vécurent paisiblement pendant 300 ans en hôtes des Ammonites. Lorsqu'ils arrivèrent au pouvoir, ils chassèrent les Ammonites du pays en se justifiant en ces termes devant le roi des Ammonites (livre des Juges 2.2): "Tu prendras le pays de ceux que ton Dieu Chamos chasse, mais tu nous feras prendre le pays de ceux que Dieu notre père a chassés avant nous". "Pourquoi ne les avez-vous pas enlevés (les Judéens) de force pendant ce temps-là?" (alors que vous étiez les plus forts) (Livre des Juges 11/26).

Il s'agit ici de montrer que dans toutes les régions de cette planète, des centaines de cultures et de religions ont été confrontées à la lutte pour la survie. Et que seuls ont survécu les peuples au sein desquels une force supérieure canalisait les besoins égoïstes de l'individu en direction d'un but plus noble en forgeant les tribus pour devenir des peuples qui, au combat, étaient supérieurs aux tribus et peuples plus petits.

Du point de vue du marketing, la preuve de l'existence de Dieu, résidant dans le fait que tous les peuples de la Terre reconnaissent un Dieu sous une forme quelconque, doit être formulée dans les termes suivants: seules les tribus ayant introduit une instance surnaturelle et morale ont abouti à la création de peuples dignes de ce nom. Et parmi les religions, seules ont survécu celles pour lesquelles la vérité était une exigence absolue. Et pour nos cultures d'Europe centrale, à l'inverse des cultures orientales, celles qui ont été les plus brutales.

Sous l'angle mercatique, Moïse doit être considéré comme le plus génial des stratèges. C'est lui qui, incontestablement, a le mieux réussi à domestiquer les forces agressives et les instincts primitifs pour les refouler vers l'intérieur. Ces forces, Le Livre des Juges les a libérées dans toute leur brutalité vers l'extérieur. Dans Le Livre des Juges 7, Gédéon doit choisir 300 guerriers parmi une foule de 5 000. Il les conduit alors vers un point d'eau et Dieu s'adresse à Gédéon: "Tous ceux qui laperont l'eau avec la langue comme lape le chien, tu les mettras d'un côté. Et le nombre de ceux qui lapèrent l'eau avec la langue fut de 300. Tout le reste du peuple s'était agenouillé pour boire dans le creux de la main. Les 300 qui avaient lapé furent choisis pour combattre les Madianites".

Au fil des livres suivants de l'Ancien Testament, le système se perfectionne et le fait qu'une entité peuple/religion ait traversé 3000 ans d'histoire et constitue encore de nos jours un Etat religieux est, du point de vue historique, une performance unique en matière de marketing. Les propos d'un philosophe nous reviennent en mémoire: "Pendant l'holocauste, ils se sont laissés conduire par millions à l'abattoir sans opposer aucune résistance afin de garantir la survie à un petit nombre. Or, l'ensemble du monde "civilisé" se sent couvert de honte vis-à-vis des juifs, ce qui étouffe toute critique dans l'oeuf et permet au peuple élu de développer de nouvelles stratégies. La stratégie qui consistait à se mêler aux peuples et à s'approprier le pouvoir par l'intermédiaire du capital a échoué parce qu'il ne fallait plus compter sur la possibilité d'un pouvoir qui ne soit pas inférieur à la brutalité de l'épée du Seigneur."

Les religions les plus expansives de cette planète, et celles qui ont rencontré le plus de succès, les religions chrétienne et mahométane, sont basées sur les lois de Moïse et de l'Ancien Testament. Elles ont emprunté à Moïse ses méthodes de domestication des instincts primitifs de l'homme. Ce concept de marketing recèle un grand danger: dans toutes ces cultures, la sélection s'est effectuée par la reproduction. Les membres de la tribu qui n'obéissaient pas aux lois étaient purement et simplement éliminés. Les femmes convaincues d'avoir commis le péché d'adultère étaient lapidées. Les déserteurs étaient exécutés. Les voleurs se voyaient amputés de la main, ce qui ne faisait guère d'eux des pères potentiels.

En même temps que la "lie", c'était les qualités positives de direction qui étaient éliminées, ainsi que l'opinion contestataire. Les dirigeants des peuples et des cultures ne connaissent plus ni l'origine ni le sens des lois. Ils sont devenus des gestionnaires de l'Ancien Testament, sans posséder eux-mêmes la capacité de réagir à des circonstances que les rédacteurs de l'Ancien et du Nouveau Testament ne pouvaient prévoir.



La Chrétienté

La chrétienté a emprunté les lois de Moïse et les a complétées en leur adjoignant quelques principes de marketing géniaux. Le "Principe de Moïse" imposant au peuple élu des règles restrictives relatives à l'assimilation d'éléments étrangers destinés à régénérer le sang, était un obstacle à l'évolution vers une religion mondiale. Si, dans l'Ancien Testament, le bien du peuple était un point central, la chrétienté y répondit par le commandement de l'amour du prochain et la promesse suivante: "Quiconque aime le Père sera aimé de lui en retour". C'est l'individu en tant que créature de Dieu qui est mis au centre, un principe de marketing qui a préparé le terrain au capitalisme.

Dieu lui-même prend la vie des opprimés dans ses mains. Il existe un pouvoir absolu à l'insu duquel il est impossible de toucher un cheveu de quiconque et les tourmenteurs sont soumis à ce même pouvoir. Dieu se transforme en homme avec tous ses besoins et ses instincts et sacrifie son propre fils. C'est tellement génial que seul un Dieu peut avoir une idée pareille. Moïse avait déjà donné une leçon à Abraham en exigeant de lui le sacrifice de son fils Isaac. L'instinct de protection dans le choix du dirigeant n'est pas propice à la croissance du salut du peuple. Dans la perspective de la position centrale de l'individu, ce sacrifice revêt une autre signification.

Le cannibalisme a rattrapé la chrétienté dans la formule: "Ceci est mon corps, ceci est mon sang".
"La consommation de ces substances matérielles sert à générer des avantages spirituels". (cf. livre de Kiss, page 234)

Malgré l'individualisation, les destins des individus doivent continuer à se soumettre aux grands projets de salut. Ici nous vient à l'esprit l'idée terrifiante du philosophe déjà mentionné que, dans la réglementation des naissances, la stratégie de l'Eglise catholique va, sans le savoir, au-devant des souffrances apocalyptiques imminentes dues à la surpopulation. L'expérience prouve que les grandes catastrophes et les grandes souffrances conduisent les gens sous les voûtes des églises.

Pour les projets de salut, les grands empereurs ont engagé les nationalismes. A seule fin d'améliorer la position d'une race ou d'une nation dans la hiérarchie, Alexandre le Grand, César, Charlemagne, Napoléon et Hitler ont engagé des vies humaines, aveuglées par l'enthousiasme du sacrifice.


La Philosophie Prisonnière des Dogmes

Plus l'expansion des cultures et des religions s'affirmait, plus la protection du caractère absolu de la vérité faisait appel à la répression. Dans toutes les cultures et toutes les religions, l'irréligiosité est punie de mort. Et la philosophie, elle aussi, doit manoeuvrer dans les geôles des dogmes religieux. Les cultures occidentales sont également concernées par cet état de fait. Le dernier grand philosophe a avoir été condamné à mort pour irréligiosité était Socrate. Platon, son successeur, et après lui tous les philosophes qui osèrent critiquer la religion, voulaient vivre et enfouirent leurs convictions dans de complexes ouvrages, de sorte que, pour le commun des mortels, elles s'avéraient incompréhensibles.
C'est seulement lorsqu'un philosophe comme Marx devint important qu'on nous asséna des maximes telles que "la religion est l'opium du peuple". Il faut considérer comme l'erreur de marketing principale des descendants de Marx le fait qu'ils n'aient pas construit le socialisme réel sur l'Evangile, ni sur la religion chrétienne, par exemple sur les Actes des Apôtres 4.32. "La multitude des fidèles n'avait qu'un coeur et qu'une âme. Nul n'appelait sien ce qu'il possédait, mais tout était commun entre eux. Car il n'y avait parmi eux aucun indigent". L'histoire aurait pris un autre cours si le capitalisme n'avait pas été patronné par les Eglises pour combattre le communisme.


Les Débuts du Capitalisme

De la religion en tant qu'outil des Puissants pour assurer leur pouvoir.

"E pure si muove"
Nulle autre phrase n'a plus égratigné l'hégémonie spirituelle de la papauté que la phrase célèbre de Galilée. "Et pourtant la terre bouge"
En Allemagne, Copernic avait élaboré les fondements du système planétaire et les avait publiés en les enfouissant une fois encore dans un ouvrage théorique. Et c'est en se fondant sur cet ouvrage que Galilée a prédit le tour du monde en bateau, une image qui aurait dû convaincre l'esprit simple que la terre était ronde. Sous la pression de Rome, Copernic dut plus tard se rétracter publiquement. Survivre par dessus tout. Une fois que le tour du monde en bateau eut été réalisé, Rome dut rectifier un de ses dogmes. Depuis lors, ne sont intégrées au catéchisme que des thèses de la foi qu'il est impossible de démontrer. Mais l'image de l'infaillibilité de Dieu est fissurée.

Au même moment, dans les pays germaniques, les princes avaient acquis leur indépendance. Le principe du pouvoir spirituel de Rome et de la royauté par la grâce de Dieu représentait là un danger pour leur titre. Et les curés révolutionnaires arrivèrent à point nommé pour créer une nouvelle religion, dont l'objectif principal était de mettre l'autorité du pape hors circuit pour éviter qu'un anathème ne mette en danger leur propre pouvoir. Les Réformés en profitèrent pour perfectionner le contrôle sur le peuple en y adjoignant des principes stricts et conformes aux bonnes moeurs: un principe mercatique que les papes n'ont emprunté que plus tard.

L'historien s'est toujours étonné qu'avant la Réforme, même la vierge Marie était représentée les seins nus. Tout au long des siècles, avec son système d'absolution, la religion catholique a perfectionné le principe. Ont été édictées de plus en plus de lois régissant les relations sexuelles, lois que plus personne n'était en mesure de respecter. Comme seul le prêtre pouvait libérer le fidèle du péché mortel et le préserver de la damnation, on se trouvait dans un état d'étroite dépendance envers l'église.

Les princes étaient pleinement conscients de la valeur de cette stratégie. "Quod licet Iovi, non licet Bovi" (ce qui convient au souverain ne convient par forcément au boeuf). Telle était leur devise. Calvin, chantre de la rigueur morale, trouva un écho dans les rangs de la bourgeoisie arriviste de Genève avec sa thèse de la prédestination de l'homme au salut ou à la damnation, une projection de la conception princière de la division en deux du peuple en vulgaire bétail et heureux élus. Conception soulignée par la thèse suivante: "Dans la vie présente, le degré du salut divin se juge au succès économique". C'est la justification divine de l'éthique ou plutôt de la "non éthique" capitaliste.

Henri VIII d'Angleterre reconnut d'emblée la valeur immense de cette stratégie, introduisit le calvinisme et donna à l'Eglise le statut d'Eglise d'Etat.

Le système a tenu bon pendant 400 ans.

L'auteur de ces lignes, élevé dans la foi catholique stricte d'une mère au foyer à la forte personnalité et dont la vie s'ordonnait autour des enfants, de la cuisine et de l'Eglise, s'est toujours étonné comment l'influence deux fois millénaire de l'Eglise sur le vulgaire bétail, dont lui-même se réclame, a été pratiquement éliminée sous nos latitudes en l'espace d'une génération. Quels sont les principes mercatiques du système social actuel qui ont causé un tel revirement en si peu de temps ? L'argument selon lequel l'être humain est devenu adulte n'emporte pas la conviction, bien qu'il soit soulevé dans nombre de cercles. L'homme est le fruit de plus de 50000 générations. Et le fait qu'un tel changement ait lieu en l'espace d'une seule génération va à l'encontre de toutes les théories évolutionnistes. Les dispositions des hommes sont les mêmes qu'aux temps bibliques. Bien au contraire, l'effet de sélection a favorisé la reproduction de braves gars manipulables.



Epanouissement et Autodétermination, voilà le Piège

L'Eglise catholique bloque ce besoin dès la première page du catéchisme. "La vocation de l'homme est de servir Dieu sur la terre pour accéder au paradis après la mort". Terminé. C'est au ciel que sont prononcées les louanges et les félicitations auxquelles on renonce ici-bas. Le brave gars sera placé tout en haut de la hiérarchie. Cela n'est pas spécialement favorable au système capitaliste. Les récompenses pour ses efforts, c'est dans cette vie-ci qu'il faut les mériter. La richesse et la beauté, conditions de la réalisation des désirs humains, sont suggérées aux esprits par la publicité et la télévision. Face à ce déversement à raison de plusieurs heures par jour, le sermon dominical devrait bientôt capituler.

C'est surtout la doctrine catholique qui a le mieux préparé le terrain. C'était une pharmacie en libre service, dans laquelle il y avait, pour chaque peur, chaque souffrance et chaque désir, des litanies prononcées au paradis par de compétents intercesseurs. Il a suffi au système capitaliste de remplacer St Christophe, patron des voyageurs, par l'Airbag, et de mobiliser la médecine après avoir renvoyé toute la cohorte des saints que l'on invoquait pour diverses maladies. Le taux de réussite plus élevé de la nouvelle technique était évident.

L'homme est ravalé au rang d'unité économique. Comme il ne peut obtenir ce qui lui est suggéré, il devient insatisfait et s'enlaidit. Et parce qu'il sent cette évolution, il cherche une compensation dans la quête de toujours plus de pouvoir et d'argent. Un cercle infernal. Et l'homme se venge sur la nature en la détruisant sans raison, parce qu'elle s'est comportée en marâtre envers lui et parce qu'il ne pourra jamais se comparer aux plus beaux exemplaires de l'espèce humaine qui lui sont présentés jour après jour sur le petit écran.

Et les dirigeants et diverses autorités de ce système sont tout aussi prisonniers de ce cercle vicieux. Tels des névrosés, ils accumulent argent et pouvoir pour monter dans la hiérarchie. Qu'il s'agisse d'une place dans la hiérarchie politique ou économique, ou du classement des Suisses ou des citoyens du monde les plus riches, c'est avec la même âpreté que l'on lutte pour chaque place. C'est par le peuple, jusqu'à nouvel ordre sous tutelle, que les places sont réparties, en tant qu'électeur ou que consommateur de marchandises ou de télévision. La démocratie est la vache sacrée dont la remise en question, comme dans tout système absolu, est assimilée à un crime d'Etat.

Sous sa forme actuelle, la démocratie n'a pas cent ans. On ne peut pas dire que ce soit un âge biblique. Et cette brève période nous a mené au bord de l'autodestruction. Il est grand temps d'y réfléchir.


Le Système du Système

Afin d'imposer le système, il a fallu d'abord corrompre les gardiens des anciennes valeurs. Ce fut d'abord la paysannerie, dans laquelle étaient le plus fortement enracinées les valeurs de religion, d'amour de la patrie et d'amour et de respect de la nature. Les paysans ont été gâtés par le système et plus que largement récompensés. Grâce à la chimie, l'élevage industriel et l'utilisation des hormones, ils ont pu réaliser plus promptement qu'avec la bénédiction de Dieu leur rêve de posséder une voiture et de s'offrir des vacances à Majorque. Une partie d'entre eux est devenue millionnaire du jour au lendemain car il leur a suffi, sans prestation économique aucune, de vendre leurs terres à des prix astronomiques alors que la masse des travailleurs doit travailler dur pour payer de tels prix. Les avocats, les nouveaux prêtres du système, qui ont aussi un rôle politique, se remplissent les poches. Ils sont le support principal et actif du système. Bientôt, les paysans qui ont fait leur devoir n'auront plus qu'à se retirer après avoir perdu leur crédibilité, leur fierté et leurs moyens d'existence.

Le deuxième groupe important, ce sont les femmes qui, dans le portrait de la femme de Stauffacher qu'en a donné Schiller, ont été idéalisées sous la forme de gardiennes de la justice et de l'injustice. Et c'est au tour d'un autre groupe privilégié de devenir millionnaire en un clin d'oeil par la grâce des lois sur l'héritage. "Elles pleuraient tout le long du chemin qui menait à la banque", ironise-t-on en Amérique, où 70 % du capital disponible se trouve entre les mains des femmes alors que moins de 1% est le fruit de leur travail. Si, du vivant de leur mari, elles guignent ses bénéfices, c'est avec des armes non négligeables qu'elles le guident vers un autre havre, ce qui leur rapporte la moitié du patrimoine que celui-ci a constitué par son travail. Celles d'entre elles que la nature n'a pas gratifié des attraits nécessaires pour l'un ou l'autre plaident pour l'égalité de salaire à travail identique et pour l'égalité dans le partage des bénéfices que la Démocratie et l'Economie ont à distribuer. Elles se bousculent pour obtenir une position dans la hiérarchie des mâles et réclament un traitement de faveur.

Les femmes ne seront pas enchantées de l'entendre, mais ce sont elles, le combustible de la machine infernale qui nous précipite vers l'autodestruction. Du temps des hordes, les mâles déterminaient la hiérarchie. Seul le mâle pouvait choisir une femme ou renoncer à la postérité. Et comme il est maître du choix, il en est satisfait. La femelle ne pouvait survivre sans mâle et devait prendre ce qui se présentait. Si, s'agissant des cultures, il est vrai que ce ne sont pas les peuples paisibles qui ont survécu, cela vaut également pour les femelles. Seules ont survécu celles qui ont élaboré des ruses destinées à s'attacher un mâle. Si elles ont conquis un mâle situé plus haut qu'elles dans la hiérarchie, cela donne des idées à d'autres femelles. En revanche, si elles se sont rabattues sur un mâle plus bas dans la hiérarchie, elles ne se privent pas de le lui rappeler quotidiennement. Il veut la rejoindre dans la hiérarchie. Ce dernier voudra compenser cette différence par l'argent et le travail. Il lui achètera tous les appareils et machines possibles et imaginables, lesquels nuisent à l'environnement et donnent à leur femme beaucoup de temps libre pour son épanouissement. Ce qui aboutit le plus souvent à une frustration dont, bien entendu, l'homme est une nouvelle fois responsable. L'emménagement dans un logement à soi remet de l'huile sur le feu. C'est trop demander à la femme que de lui faire remarquer que sa frustration travaille pour le système. Son sentiment de culpabilité est judicieusement récupéré par des installations de traitement des ordures, devant lesquelles on peut se garer avec sa deuxième voiture.

Les dentistes (électeurs de base, en Allemagne, du parti libéral qui demande la non ingérence de l'Etat dans les activités du marché économique) sont un autre groupe qui profite du système; alors que leur travail pourrait être réalisé à 90% par des prothésistes dentaires, ces derniers en sont empêchés par l'Etat. Font également partie de ces groupes profitant de la maladie du système les médecins, les psychiatres et les avocats. Et plus les groupes qui profitent du système sont nombreux, plus ce dernier s'affermit. La jeunesse, dans laquelle on voit toujours la porteuse de l'avenir, a hâte de participer à la répartition des bénéfices. C'est pourquoi il a fallu instaurer le numerus clausus pour les étudiants en médecine, bien que le système de santé publique nous étouffe lentement. Autrefois, à cet âge-là, on les trouvait sur les barricades: le système est devenu déjà presque parfait.

La démocratie s'est avilie au rang d'un libre-service. Les dirigeants sont devenus de simples représentants de groupes d'intérêts. Sont élus ceux qui se font les avocats les plus efficaces des névroses et de l'insatisfaction des électeurs.

Une évolution plus fatale encore s'est insinuée dans la vie économique. Ce n'est que triche et corruption au profit d'une poignée de personnes et aux frais de l'entreprise et de ses employés. Si l'on se réfère à la Bible, porter préjudice à sa propre tribu par son action est le deuxième péché le plus grave. C'est pour cette raison que l'industrie automobile allemande a mauvaise presse. Résultat, dans le secteur des pièces détachées, l'Allemagne hautement industrialisée a, vis-à-vis de l'Espagne, une productivité moitié moins importante et un taux de déchets 2,5 fois plus élevé. Des licenciements en masse en sont la conséquence, ainsi que quelques villas pour quelques névrosés qui ont été brimés à l'école.

Nous nous trouvons de nouveau devant le même chemin de l'exode que Moïse a suivi à travers le désert. Nous adorons le veau d'or. L'homme, depuis 3000 ans incité par les lois de Moïse, du Christ, de Bouddha et des autres à de grandes découvertes sociales et culturelles, se retrouve soudain privé de guide spirituel. Pour se débarrasser de la marchandise, le consumérisme interpelle les instincts les plus bas. Les tribus sont retombées au rang de hordes indifférentes au sort de groupes entiers, au sein de leur propre tribu, qu'elles excluent et exploitent.

Le marketing est synonyme de survie. De garantie de survie. Dans notre système, il n'existe pas de principe de marketing. Nous détruisons les fondements de notre existence et, de nos jours, aucune politique ne fait mine d'intégrer, même timidement, le marketing de survie dans un programme de parti. Gorbatchev était notre dernière grande chance. Lui, il aurait eu le pouvoir de le faire. C'était un homme qui croyait aux bons côtés de l'homme et qui s'asseyait sur la théorie du peuple sage. Aujourd'hui, la mafia saigne le pays bien plus que ses anciens dirigeants communistes. Les hordes et les nationalismes détruisent le pays, les citoyens sont privés de leur foi et de leur fierté et Gorbi se traîne lamentablement de chaîne de télévision en chaîne de télévision en tentant de s'attirer les bonnes grâces du public.

Un marketing bien naïf, dont la conséquence est doublement catastrophique, parce que le système capitaliste s'en trouve conforté. Le pire est l'ami du mauvais.

D'ou peut bien venir l'aide ?



La Direction Religieuse

La papauté est une dynastie qui a survécu depuis 2000 ans. Elle exerce aujourd'hui son magistère spirituel sur plus d'un milliard d'hommes. Le processus de sélection a, au cours de l'histoire, entraîné sans cesse des tournants importants. Après des affaires comme celle de Grohe, elle perd de plus en plus de crédibilité et d'influence. Des représentants névrosés, par qui personne ne veut plus être gouverné, sont élus bergers. Il faut modifier le principe de marketing si l'Eglise ne veut pas être assimilée à une farce. On ne peut remonter le cours de l'histoire. Elle pourrait regagner une influence infinie si elle expliquait la genèse dans les mêmes termes que Kiss, si elle propageait une idée de la sexualité déterminée par le respect des besoins et des désarrois de son prochain, si elle acceptait la sexualité des hommes et leur apprenait à la maîtriser en faisant preuve d'intelligence humaine. Le pape se trouve presque au terme de son existence. La prière est un grand pouvoir. Tous doivent maintenant prier pour que les cardinaux soient animés d'un esprit neuf.


La Direction Séculière

"Les gens honnêtes sont des imbéciles", c'est ainsi qu'intitule Ulrich Wickert son livre «Der Ehrliche ist der Dumme», qui décrit la déchéance des moeurs dans le domaine de la politique et de l'économie. Le livre "Die Abzocker" (Les encaisseurs) de Bräuninger et Hansenbeck est de la même veine. Ces livres sont de grands succès de librairie, mais ils risquent plutôt de produire un effet contraire à celui qu'ils recherchent. Personne ne veut passer pour un imbécile et les lecteurs doivent se poser la question suivante: si tout le monde se sert dans les milieux du pouvoir et de la haute société, alors pourquoi ne devrais-je pas le faire ?

Ce fléau remonte à la séparation biblique entre bons et mauvais et à la condamnation qui en découle: L'homme n'est ni bon ni mauvais. L'homme est programmé pour sa propre survie et celle de sa progéniture. Et il opte pour la tactique qui garantira sa survie et améliorera son rang dans la hiérarchie. Qui peut en vouloir à un Albanais qui, ne voyant aucune chance, ni pour lui ni pour sa famille, se lance dans le commerce de la drogue? Joseph Kennedy, le père du clan, a, semble-t-il, agi de même; son désarroi était certes moins dramatique. Son fils Robert a mené une lutte sans merci contre Jimmy Hoffa, un homme qui usait de méthodes criminelles pour enrichir son syndicat de camionneurs et non pas seulement ses rejetons. Malgré tout, le cas Kennedy devrait être considéré comme un cas exemplaire. La mafia détient à présent beaucoup d'argent et de pouvoir. Elle contrôle l'économie et la politique. Son influence décroît en ce moment parce que de petits chefs inondent l'Occident. Elle n'est plus en mesure de contrôler la scène. Même si les représentants de l'Etat souhaitaient un changement, celui-ci est impuissant et se bat avec des armes inégales.

Pour les chefs, ce serait du bon marketing s'ils se contentaient de ce qu'ils ont atteint, s'ils incitaient les politiciens à distribuer la drogue gratuitement afin de stopper la croissance sauvage de la mafia et s'ils engageaient leur pouvoir et leur descendance, comme Kennedy, dans une politique sociale de survie. Le monde leur en serait reconnaissant, comme il l'a été envers Kennedy qui a eu l'intelligence de le faire.

Les grands changements de l'histoire, même positifs, sont l'oeuvre non de gentils princes comme Charles, mais de décideurs de la trempe de ses ancêtres, qui ont arraché le pouvoir à des dirigeants naïfs, d'ailleurs pas toujours par des moyens très catholiques, pour donner une nouvelle grandeur au pays.

Avec beaucoup d'argent, il sera facile d'inciter les hommes à mener leur vie selon leurs besoins. L'homme est heureux quand il peut s'engager au profit d'une noble tâche. C'est là-dessus que sont basées les grandes cultures et les grandes conquêtes. Il faut mettre en oeuvre cette capacité des hommes pour atteindre le but capital de la survie et non pas pour détruire bêtement les fondements de l'existence.

En 1944, mon père avait pris beaucoup de risques pour faire passer en contrebande des dons charitables de Suisse en Autriche. Lorsqu'ils arrivèrent à bon port, leurs destinataires lui opposèrent un refus hautain en ces termes: nous avons ce dont nous avons besoin. Trente ans plus tard, j'ai rencontré les mêmes personnes. Pendant la rencontre, la discussion n'a tourné qu'autour du prix des oeufs et du beurre. De combattants passionnés du national-socialisme, ils étaient devenus de stupides machines à râler.

Il ne faut surtout pas se laisser déconcerter par le fait que des névrosés comme Hitler aient foulé aux pieds ce besoin des hommes de vivre pour quelque chose de grand et de vrai. Mobiliser l'humanité pour un but positif est un problème de marketing plus simple.


Le Marketing de Survie

Nous avons ici tenté de faire par la pensée le tour des cultures et des religions qui déterminent le comportement des hommes.

L'homme doit enfin commencer à penser. Les religions garantissaient la survie de groupes de peuples et de communautés. Elles ne donnent pas encore de réponse au nouveau défi global, bien qu'elle soit cachée dans les thèses du Christ, de Bouddha ou de Confucius. Elles ont préparé le terrain au système actuel en voilant les origines de l'homme et en canalisant les désirs primitifs des hommes vers leurs buts à elles. Il faut convaincre l'homme qu'il est tombé d'une manipulation "positive", mise en place par les religions, dans un système de manipulations le vouant à sa propre perte. Il n'en est pas plus heureux pour autant. Au contraire. Plus de 90% des unions se soldent par un échec, ou bien les partenaires se détestent. Toute analyse est inutile. Il faut briser le système, lui insuffler une énergie positive axée sur la survie. Il nous faut analyser tous nos sentiments et désirs quant à leur origine. Nous devons accepter notre esprit malade ainsi que nos origines, puis développer des stratégies pour réorienter nos désirs et névroses vers la survie.

Les dirigeants et décideurs de ce système se doivent désormais de prendre réellement le pouvoir et de se libérer de cette fixation sur la position dans la hiérarchie. C'est maintenant qu'ils peuvent se rendre utiles à l'humanité et ouvrir la voie à une nouvelle histoire du monde. Nous avons besoin de nouvelles lois de Moïse, qui peuvent se baser sur une seule et unique idée: "PENSER, PENSER, TOUJOURS PENSER". La culture ne doit plus être une perfection de la perversion. La culture doit être la domestication de l'esprit malade des hommes pour réaliser de grands buts sociaux et éthiques.

Dans la dernière brochure KELLER, nous avons déclaré que nous allions, dans la mesure du possible, investir nos modestes moyens dans la réalisation de cet objectif précis. Nous sommes convaincus que si nous avions aujourd'hui 500 millions à notre disposition, nous pourrions faire basculer la Suisse dans une nouvelle stratégie de pensée en l'espace de deux ans. Dans un premier temps, un groupe de scientifiques analyserait les différentes religions, cultures, organisations d'Etat, hommes politiques et personnalités quant à leurs stratégies de survie et leurs névroses. Comme cet article a commencé à le faire. Cette stratégie de pensée serait propagée dans la presse et dans des films.

Il faut voir grand pour ce marché. Et pour les investisseurs éventuels. L'investissement portera rapidement ses fruits. Il suffit de penser aux parents de toxicomanes, obligés d'assister à ce spectacle en misérables spectateurs impuissants.

Il faut réussir à convaincre les toxicomanes qu'ils sont les guerriers manipulés d'un système corrompu, dans lequel seule une minorité profite de leur tragédie. S'ils admettent à quel point ils sont trompés, ils se mettront à penser. Car ce que l'homme déteste le plus c'est d'être pris pour un imbécile.

L'homme est programmé pour survivre. Nous avons survécu depuis 50000 générations. Saurons nous survivre pendant cent autres ? Nous avons le capital, les moyens de communication et les facultés intellectuelles qui nous ont fait cadeau de la bombe atomique et nous ont propulsés sur la lune. Il est grand temps de mettre en oeuvre l'esprit sur nous-mêmes.



Personnalités...

...issues de la branche de la mesure à la lumière de cet article et, parmi elles, un chien moqueur. Cela gâchera la vie des initiés, dans l'espoir que l'un d'eux dépose une plainte au tribunal. Il devra alors discuter de cette stratégie de pensée.


Grand chef "Ombre Longue"
(Chef de Mannesmann/Hydac)

Collectionneur névrosé de coquillages qui désire compenser son manque de charisme par le pouvoir. Il possède un excellent flair pour déceler les bonnes pistes. La tribu du chef "Chien Moqueur" comptait à peine 10 guerriers; il apparut personnellement sur leurs terrains de chasse afin de les intégrer dans sa tribu voisine. Lorsqu'il apprend, en tant que chef de la grande tribu des "hominiens", que la tribu de Chien moqueur envisage une intégration dans leur tribu, il délègue sur-le-champ un messager pour entamer des négociations. Maintenant, "Ombre Longue" est traîné devant le conseil des Anciens.

Quelle est cette bêtise! Si des spectateurs extérieurs savent immédiatement qui est le chef ici, alors tous les dirigeants de la grande tribu le savaient et tous les membres de la tribu voisine plus encore. Et ils le laissèrent faire parce qu'ils voulaient continuer à profiter de sa prestation.

Maintenant qu'il est disqualifié, ils ne peuvent plus profiter de la situation et veulent s'ériger en juges. Et les centaines de personnes pour qui "Ombre Longue" avait édifié un lieu de campement et mis sur pied une existence dans une région structurellement faible, voulez-vous toutes les chasser ?

"Ombre Longue" n'a nui à personne; mis à part le fait qu'il a privé quelques névrosés de coquillages. Maintenant, il faudrait qu'il les mette en jeu pour le grand problème de la survie.



Chef "Grand Soleil"
(Chef de Endress+Hauser)

La tribu du chef "Grand soleil" est construite sur un modèle biblique. Honneur soit au patriarche, aux fils et à la grande tribu. On compare les lois du grand chef à celle de Moïse. Les conditions qui sévissent sont les mêmes que dans les temps bibliques, l'oppression et la croissance du pouvoir de sa tribu propre sont la règle. C'est avec des phrases simples et marquantes du style "bosse et ne discute pas" qu'il mobilise les guerriers. Et c'est étonnant, cela fonctionne.

On s'attaque au problème de la destruction de l'environnement avec des recettes maison.

La réglementation sur la descendance est décrite de façon attendrissante.

Et les fils l'acceptent sans broncher. Qui peut résister lorsqu'on vous accorde dans la hiérarchie un rang bien plus élevé que celui qui vous est normalement échu ? Il passera le plus clair de son existence à justifier son rang. Les opinions divergentes dans le vase clos de la structure familiale sont monnaie courante. Cela fonctionnait au Moyen-Age du temps des Princes alors que la religion opprimait les citoyens.

Pas de malentendus, les fils du grand chef "Grand Soleil" sont de gentils gars, comme le Prince Charles. Mais pour maintenir la cohésion au sein d'une tribu aussi importante, des qualités rares sont requises. Des qualités que la domestication a refoulées.

Plus les cultures sont éloignées de la créature de la horde, plus rares sont les apparitions de telles qualités. "Atavique", tel est le qualificatif que l'on attribue à de telles qualités. La pucelle d'Orléans était une figure atavique. Il ne serait venu à personne l'idée de créer une nouvelle lignée royale avec elle en tant que mère originelle. Napoléon était une figure atavique. Si, en pays francs comme en pays germaniques, il y en avait eu des douzaines, Napoléon n'aurait jamais quitté la Corse. Les descendants étaient des "couilles molles", pour parler comme le peuple, ce qui met l'accent sur la puissance sexuelle et les qualités de chef, une relation qu'explique l'origine des hordes.




Grand chef "Chien Moqueur"
(Chef de KELLER)



Améliorateur névrosé du monde. Dès 15 ans, il voulait devenir pape ou saint. Puis il voulut devenir chef d'une grande tribu, mais, au sein des tribus avec lesquelles il chassait, il n'a jamais été choisi pour chef: "trop bon pour être viré, trop provocateur pour être promu".

"Chien Moqueur" fonda sa propre tribu. Ses propos moqueurs gâtent certes de nombreuses transactions de troc, mais lui permettent d'exercer sa libre pensée critique.

"Chien Moqueur" vit selon la devise de ses sages ancêtres: "Mon fils, tu seras libre si tu ne t'aplatis pas. Tu seras riche, si tu as le droit de le leur dire. Tu seras sage, si tu n'as plus besoin de le leur dire".








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